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Principes de collection

« J’ai esquissé les débuts de cette bibliothèque, qui remontent à environ 35 ans, aux années de la première guerre mondiale. La qualité des éditions qui étaient alors accessibles correspondait aux tristes circonstances. A part la fameuse
« Tempête », les exemplaires de « l’Enfer », de « l’Odyssée », de « Faust », étaient des livres de 20 sous ; ajoutez-y ma petite Bible de confirmation, c’était bien modeste ! Néanmoins c’était déjà le glorieux « pentagon » : Homère, la Bible, le Dante, Shakespeare et Goethe, qui n’a pas été dépassé depuis comme il ne saurait l’être. Il ne s’agissait que d’élever la qualité et le volume des éléments qui le représentaient , et d’ajouter à ce noyau de la « Weltliteratur » la floraison qui en émane. » (dans Fritz Ernst, Von Zürich nach Weimar, 1951, p. 16).

La matière comprend « l’ensemble de ce que le génie humain a exprimé par la parole, et plus que par la parole. Il serait inconcevable que la musique n’en fasse pas partie, puisque nous en devons la conservation à la notation écrite. C’est le cas également pour les beaux-arts, grâce à l’illustration et la description. Combien de monuments de l’antiquité nous seraient perdus, n’étaient-ce les rapports de témoins oculaires ! Enfin nous concevons une grande partie du monde visible sous l’empire des esprits qui, peu à peu, ont ouvert les yeux des hommes. Cela vaut également pour l’histoire. D’Hérodote à Toynbee, l’histoire, c’est la manière dont on nous la présente ! Et les sciences naturelles ? Les sciences tout court ? En parlant des Muses et de l’érudition, n’oublions pas les gigantesques domaines de la pensée et de la foi, de la recherche philosophique et de la religion. L’ensemble de tout ceci est la « Weltliteratur ». (ibid. p. 17)

Pour s’y retrouver dans ce vaste ensemble, il faut s’en tenir à « l’essentiel qui seul compte, c’est-à-dire l’élément resté vivant, d’une manière ou d’une autre, à travers les âges. Toute création du génie humain qui a su dépasser la sphère et l’époque de son origine – voilà ce qui est essentiel, et voilà ce qui est « Weltliteratur » ! »



Fondation Martin Bodmer