« Au temps où se dessinaient les tout premiers contours du but qu’aurait cette collection… j’avais choisi pour sujet de mes études la littérature allemande. Mais, à part Goethe, quelques éminents lyriques et les deux poètes zurichois, Keller et Meyer, mes préférences allaient à des étrangers – en tête, l’unique Shakespeare, le plus grand magicien de tous, qui ne le cédait qu’à deux étoiles congéniales : Homère, père des poètes et père de l’Occident, et les immortels cantiques et épopées de la Bible.
Et puis le prodigieux cortège qui s’ensuit et féconde le monde jusqu’à nos jours : Virgile et Ovide, les grands contes du Moyen Age, Tristan, Parcival (sic), les Nibelungen, le géant solitaire Dante, le prince des fabulistes Boccace, le fulgurant Arioste, Rabelais, génie du bizarre, Racine, génie de l’harmonie, La Fontaine, Cervantès, Defoe, Swift, Perrault, qui nous ouvrent la porte des rêves : contes de fées, légendes populaires, les Mille et Une Nuits, jusqu’à nos jours, où cet esprit s’incarne en deux génies nordiques, qui m’étaient, dès mon enfance parmi les plus chers : Hans Christian Andersen et Selma Lagerlöf. » (dans Fritz Ernst, Von Zürich nach Weimar, p.14).