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Collection Stefan Zweig

Stefan Zweig a été l’un des plus importants collectionneurs d’autographes de son siècle. Vivant à Salzbourg, il eut la douleur, trois ans avant que n’éclate la guerre, de devoir se séparer des manuscrits de ses poètes, pour émigrer en Angleterre, puis au Brésil. Il n’emporta dans son exil à Londres que ses manuscrits préférés.

En 1936, Martin Bodmer reçoit d’un marchand viennois, Heinrich Hintermann, un catalogue de 304 lots de « Penseurs et écrivains allemands », ainsi que de « Chefs-d’œuvre musicaux manuscrits », qui provenaient de la collection Zweig. Sans hésiter, il acquit, à quelques exceptions près, l’offre entière. Dans les années qui suivirent, Bodmer eut encore la chance d’acquérir à plusieurs reprises d’autres pièces de la même origine qui se trouvent maintenant à Cologny.

De cette collection proviennent entre autres deux nouvelles d’Adalbert Stifter, le manuscrit intégral de son Witiko, le « Deutschlandlied » de Hoffmann von Fallersleben, le « Bandelterzett » de Mozart, puis d’autres manuscrits de Balzac, Goethe, Heine, Hölderlin, Napoléon, Nietzsche, Schubert, Schumann.

Goethe, qui était lui-même collectionneur d’autographes, avait déjà fait part de la fascination qu’ils exercent : quand on les étudie, « les hommes supérieurs deviennent présents de façon magique ». Zweig s’en est fait l’écho : « Les feuillets manuscrits sont des reliques visibles de l’Immortel, des traces de vie significatives des grandes existences. Un manuscrit est une image intérieure de l’être.  L’écriture manuscrite remplit de crainte, d’amour et d’admiration pour le poète et le penseur dont sont immortalisés ainsi des traits de vie. » Sans doute Martin Bodmer a-t-il partagé ce sentiment.



Fondation Martin Bodmer