Pour les langues sémitiques, sur les côtes de la Palestine, le lecteur, en apprenant à lire, doit apprendre à vocaliser les consonnes. Mais, plus au Nord, en Grèce, on parlait une langue très différente, plus riche en voyelles et que ne pouvaient transcrire les alphabets existants. Les Grecs eurent l’idée géniale de noter leurs voyelles en empruntant à l’alphabet araméen plusieurs signes notant des consonnes que ne possède pas la langue grecque (A, E, O, Y, plus l’innovation du I ), soit 24 lettres (17 consonnes et
7 voyelles). Ce nouvel alphabet est bien attesté vers le Ve siècle av. J.-C.
Le document que nous avons choisi est un exercice d’écriture grecque, écrit en Egypte, sur une tablette en bois datant du IVe-Ve siècle. La pratique d’exercices scolaires en Egypte, dès l’époque hellénistique, est attestée par de nombreux documents. L’exercice le plus courant consistait à tracer, sur une tablette recouverte de cire, les lettres avec un poinçon ou avec un stylet, que l’on pouvait effacer. Les phrases que l’on peut trouver le plus communément, écrites d’abord par le maître et recopiées par l’élève, une fois ou plusieurs fois, étaient des sentences liées à l’activité scolaire comme : Travaille bien mon enfant, pour ne pas être battu ou, sur la tablette acquise par Martin Bodmer : Apprendre ses lettres est la plus grande des vertus.